Épidémie de COVID-19 : recrudescence des discriminations envers les personnes d’origine asiatique

Dès le mois de janvier 2020, nous avons observé une recrudescence du racisme anti-asiatiques dans le monde entier. La particularité du racisme anti-asiatique est sa banalisation, c’est autour de cette affirmation qu’est concentré le présent article. Les informations jointes y sont essentiellement journalistiques, puisqu’il n’y a pas à l’heure actuelle de données recueillies par les gouvernements.

Pour affirmer une recrudescence du racisme dirigé à l’encontre des populations asiatiques il faut pouvoir le prouver ; c’est la raison pour laquelle nous exposons en premier lieu quelques statistiques sur le sujet. Puis nous nous sommes penchés sur les formes que prend ce racisme :

  • Agressions verbales, physiques – dans la rue, les transports en commun, au travail.

  • Des conséquences en termes d’accès aux soins et aux services – accès restreint aux cabinets médicaux ou aux magasins, ou à la location d’appartement.

  • En matière d’accès à l’éducation.

  • Le racisme se fait également sentir dans la façon de raconter l’histoire, à travers le travail journalistique et la manière dont est traitée l’information.

  • Autre phénomène qui exacerbe ce “sentiment anti-asiatique” découle du traitement politique et de la façon dont certains politiques parlent du virus comme d’un “virus chinois”.

Si en Europe et en Occident nous parlons d’un racisme anti-asiatique, du côté de l’Asie le même constat peut être fait, mais ce ressentiment se dirige essentiellement à l’encontre de la population chinoise. Ces mouvements de haine ont donnés naissance à des outils de lutte sur les réseaux sociaux : témoignages, créations de hashtags ou encore de vidéos de sensibilisation. De leurs côté, les associations commencent à recueillir des données afin d’agir.

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A) Le racisme envers les personnes asiatiques

1. Quelques statistiques

Les études et enquêtes sur le sujet sont rares et limitées. Néanmoins une enquête a été menée au Pays-Bas sur un panel de trois cents personnes ayant des origines chinoises. Cette enquête de EenVandaag Opiniepanel, qui a été publiée en février 20201, montre que près de la moitié des personnes interrogées (49%) indiquent avoir souffert de racisme depuis le début de l’épidémie de COVID-19. Et dans 21% des cas, cela s’est produit chaque semaine, voire chaque jour.

De la même manière, une association d’étudiants et scientifiques chinois de Tübingen a mené une enquête auprès d’étudiants, chinois également2. Selon cette étude plus de la moitié ont été victime de discrimination au cours des derniers mois.

Mais alors, à quel genre de comportements ces populations doivent-elles faire face ? On assiste à des comportements tels que : le fait d’être évité dans la rue, sur les trottoirs, dans les transports publics, dans les magasins, puis les regards inappropriés, les refus de leur présence au restaurant ou encore au travail, etc. Certains de ces comportements, liés à la peur, bien qu’ils ne soient pas tolérables, peuvent aux yeux de certaines personnes interrogées être légitimes. Cependant une gradation entre les différentes manières dont ces comportements s’expriment existe, comme avec toute forme de discrimination.

2. De l’agression verbale…

Lors des deux études précédemment citées, certains participants ont donné des exemples de commentaires qu’ils ont pu recevoir. Pour certains, « les Chinois sont vraiment des hommes sales. Ils mangent de tout », d’autres n’hésitent pas à crier « attention chinois ! », à conseiller aux personnes d’origine asiatique de « porter un masque ». Au sein de son entreprise, le collègue d’un des participants a estimé bien d’affirmer qu’après tout : « vous mangez tout et n’importe quoi aussi, alors voila ce que vous obtenez ». Pour Zuonan Cao de l’Association des étudiants et scientifiques chinois de Tübingen, « le virus corona est une occasion de montrer ouvertement des ressentiments racistes », « dans le passé, ils étaient plutôt subliminaux ».

Autre événement, au Pays-Bas un DJ, Lex Gaarthuis s’est permis de publier une chanson discriminante à l’égard de la population chinoise, affirmant que le coronavirus est la faute de « ces chinois puants ». Il conseille de ne pas « mang[er] chinois, vous n’aurez rien à craindre ». Suite à la vague d’indignation qui a suivi, le DJ a présenté ses excuses et a admis avoir fait une « grosse erreur ». Cette chanson ne fut pas sans conséquences, en effet les paroles furent reprises pour être dirigées à l’encontre de la population asiatique, notamment l’insulte « stinkchinees », entendez par là « chinois puants ». Au sein des différents médias sont relatés des incidents comme en Estonie où une femme d’origine malaisienne s’est vu insulter en prenant le tramway. « Toi chinoise, dégage, tu nous ramènes le corona3» (traduction propre).

De l’autre côté de l’Atlantique, la communauté asiatique aux États-Unis n’est pas en reste. En effet, la pandémie a entraîné une vague d’agressions verbales, voire physiques. Le site « Stop AAPI4 Hate » a été mis en place par des ONG permettant de répertorier les différents témoignages. D’après le journal Le Monde, 1135 signalements furent enregistrés en deux semaines5.

3. … à l’agression physique

En début d’année en Pologne un groupe d’étudiants chinois a été agressé pour avoir, selon eux, « répandu l’épidémie6 ». C’est un exemple parmi d’autres d’actes dirigés à l’encontre de la population d’origine asiatique. En Italie, un serveur originaire des Philippines a aussi été agressé dans un bus et blessé au visage car considéré comme « un Chinois apportant le Coronavirus ».

Pour ce qui est de la France, en février dernier une jeune adolescente française d’origine vietnamienne a subi une agression qui a donné lieu à une ITT. Le même mois, un jeune homme sortant d‘une boite de nuit, toujours d’origine asiatique, a été roué de coups, son agresseur lui ordonnant de « rentrer dans son pays avec son coronavirus7». Des événements de la même nature ont eu lieu à divers endroits, notamment à Berlin8.

Aux Etats-Unis, le 14 mars, une famille asiatique a été victime d’une agression au couteau dans un supermarché de Midland au Texas9 .

4. Les conséquences en termes d’accès aux soins et aux services

En ce qui concerne l’accès aux soins, l’association allemande Adis de Tübingen, spécialisée dans la lutte contre les discriminations, indique que des personnes d’origine asiatique se sont vu refuser l’accès aux cabinets médicaux ou aux magasins. Selon l’association « la peur du virus corona, cependant, ne justifie jamais les attributions et exclusions racistes basées sur une origine attribuée à des caractéristiques externes ». Toujours en Allemagne, l’agence fédérale d’anti-discrimination a dit avoir reçu diverses plaintes : le refus d’un médecin pour/de traiter un patient d’origine chinoise, le refus d’un propriétaire de louer son appartement à un étudiant asiatique pour nulle autre raison que ses origines, et enfin un propriétaire d’épicerie qui a refusé l’entrée de sa boutique aux touristes chinois.

Du côté de l’Estonie, une clinique a tout bonnement suspendu les soins dentaires aux patients chinois10.

Un autre service a posé aussi problème, l’accès à l’éducation pour les personnes originaires d’Asie. Le conservatoire De Santa Cecilia de Rome a suspendu les cours pour les étudiants d’origine chinoise, coréenne et japonaise et cela jusqu’à ce qu’ils passent un examen médical11.

5. Et les médias dans tout ça ?

Le sensationnalisme oui, mais à quel prix ? Le danger ici est celui de pointer du doigt des boucs-émissaires et de leur faire porter seuls le poids et la responsabilité de la pandémie. Par exemple, Der Spiegel, grand hebdomadaire allemand, avait en février pour couverture : « Coronavirus. Made in China ». De la même manière, des journaux français, danois et irlandais ont publié des images similaires.

Pire encore, en janvier, un blogueur letton a déclaré dans une vidéo à propos d’une personne chinoise arrivée illégalement que ce dernier devrait être « liquidé, le pays entier devrait l’être […] ». Accusé d’incitation à la haine, il fut arrêté le jour même12.

Fin janvier 2020, le journal Le Courrier Picard a présenté ses excuses après la publication d’un titre de une où l’on pouvait lire « Alerte jaune» et d’un éditorial intitulé « Le péril jaune ? » pour traiter de l’actualité du Coronavirus. Les termes « jaune » et « péril jaune » font historiquement allusion à des clichés racistes ciblant la communauté asiatique. Ce stéréotype du « péril jaune », développé au XIXe siècle, avait pour but de prévenir le danger de voir les peuples d’Asie gouverner le monde. L’utilisation de ces termes, jugés obsolètes et racistes, a choqué sur les réseaux sociaux.

B) Racisme envers les chinois en Asie

A travers le monde c’est un racisme dirigé vers la communauté asiatique qui a pris de l’ampleur, mais en Asie ce ressentiment vise en majeure partie la population chinoise. A Hong Kong, la chaîne de restaurant Kwong Wing Catering a affirmé dans un post Facebook qu’elle ne servirait plus les clients mandarins et qu’elle se limiterait à servir les anglophones et cantonais par mesure de sécurité. Encore plus choquant que l’annonce en elle-même, la réaction à cette annonce sur la page Facebook : selon le journal the Lancet13, le post « a recueilli les troisièmes réactions et interactions les plus favorables depuis la création de la page Facebook en septembre 2019 ». A Hong Kong, le ressentiment à l’égard de la population chinoise n’est pas seulement le fruit de la pandémie et du retard dans l’intervention du gouvernement dans la gestion de cette crise, mais résulte également de la tension politique qui existe entre la Chine et Hong Kong, qualifiée de région administrative spéciale chinoise, et qui désire acquérir depuis longtemps son indépendance. La pandémie ne serait donc, en partie, qu’un prétexte pour pouvoir s’éloigner de l’emprise de l’État chinois.

C) Mobilisation anti-raciste

Le constat fait précédemment sur la recrudescence du racisme anti-asiatique en Europe peut être également fait dans d’autres endroits du monde comme aux États-Unis. En réponse à cela une contre-attaque nommée « la haine est un virus » a été lancée par les jeunes américains de la communauté asiatique via les réseaux sociaux. D’autant plus que la vague de haine aux États-Unis n’est pas tempérée par l’attitude de l’ancien président Donald Trump qui n’a eu de cesse que d’exacerber les tensions, notamment via l’utilisation de l’expression « virus chinois ». On note l’existence d’autres initiatives similaires, comme la campagne « I am not a virus » qui aurait débuté en France avec le #JeNeSuisPasUnVirus14, initiative suivie dans d’autres États dont l’Autriche, l’Italie, l’Allemagne et l’Espagne.

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Pour aller plus loin:

 

1 « ‘Stinkchinees!’ Dit is wat Chinese Nederlanders naar hun hoofd geslingerd krijgen sinds het uitbreken van het coronavirus », EenVandaag Opiniepanel, 13 février 2020, disponible sur : https://eenvandaag.avrotros.nl/panels/opiniepanel/alle-uitslagen/item/stinkchinees-dit-is-wat-chinesenederlands-naar-hun-hoofd-geslingerd-krijgen-sinds-het-uitbreken/

2 « Verein: Diskriminierung asiatischstämmiger Menschen nimmt zu », Welt, 5 mars 2020, disponible sur : https://www.welt.de/regionales/baden-wuerttemberg/article206348163/Verein-Diskriminierungasiatischstaemmiger-Menschen-nimmt-zu.html?wtrid=onsite.onsitesearch

3 « Tallinnas elav Malaisia neiu langes trammis koroonahirmu tõttu rassistlike rünnakute alla » par Lennart

JAAmer, Maaleht, 28 février 2020, disponible sur : https://maaleht.delfi.ee/uudised/tallinnas-elav-malaisia-neiulanges-trammis-koroonahirmu-tottu-rassistlike-runnakute-alla?id=89077351

4 « AAPI » = Américains d’origine asiatique et du Pacifique

5 « Coronavirus : aux Etats-Unis, les Asiatiques, victimes de discrimination, contre-attaquent » dans Le Monde (site web), jeudi 9 avril 2020 par Corine Lesnes, disponible à :

https://www.lemonde.fr/international/article/2020/04/09/coronavirus-aux-etats-unis-victimes-dediscrimination-les-asiatiques-contre-attaquent_6036105_3210.html

6 « Atak na studentów z Chin! Wszystko przez koronawirusa », FAKT24, 10 mars 2020, disposnible sur : https://www.fakt.pl/wydarzenia/polska/trojmiasto/studenci-z-chin-zaatakowani-na-awf-w-gdansku-poszlo-owirusa/69pk7l6#slajd-1

7 « Coronavirus : ce qu’ont dit les services de renseignements à Macron », par Aziz Zemouri, Audrey Freynet et Marc Leplongeon, Le Point, le 28 février 2020, dispoible sur : https://www.lepoint.fr/societe/coronavirus-ce-quont-dit-les-services-de-renseignements-a-macron-28-02-2020-2364942_23.php#

8 « Chinesische Botschaft in Berlin bekalgt Rassismus », Der Tagesspiegel, 5 février 2020, disponible sur : https://www.tagesspiegel.de/berlin/wegen-coronavirus-chinesische-botschaft-in-berlin-beklagtrassismus/25508828.html

9 « Coronavirus : aux Etats-Unis, les Asiatiques, victimes de discrimination, contre-attaquent » dans Le Monde (site web), jeudi 9 avril 2020 par Corine Lesnes, disponible à : https://www.lemonde.fr/international/article/2020/04/09/coronavirus-aux-etats-unis-victimes-dediscrimination-les-asiatiques-contre-attaquent_6036105_3210.html

10 « Liisa Pakosta: Hiinlasi me ei teeninda ja ukrainlane meie kooli ei tule », Eesti Päevaleht, 11 February 2020

11 « Coronavirus: la psicosi apre le porte al razzismo », dans Cronache di ordinario razzismo, 5 février 2020, disponible à : http://www.cronachediordinariorazzismo.org/coronavirus-la-psicosi-apre-le-porte-al-razzismo/

12 « Valsts policija par nacionālā un etniskā naida izraisīšanu aiztur vīrieti », State police (Valsts policija), 3 February 2020, disponible à : http://www.vp.gov.lv/?id=69&said=69&yrId=2020&relid=16828

13 « Anti-Chinese sentiment during the 2019-nCoV outbreak », 12 février 2020, disponible à :

https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(20)30358-5/fulltext

14 BBC news, Coronavirus: French Asians hit back at racism with ‘I’m not a virus’, available at: https://www.bbc.com/

news/world-europe-51294305

Violences faites aux femmes : d’une épidémie à l’autre

De Nouria YAHI BOGGIO, ancienne directrice régionale aux droits des femmes et à l’égalité de la région Alsace, Champagne-Ardenne, Lorraine et bénévole Licra Bas-Rhin

Si la pandémie de la Covid -19 affecte tous les segments de la population, tous les secteurs de l’économie, dans tous les pays, ses répercussions exacerbent durement les inégalités femmes-hommes et mettent en péril les droits des femmes.

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La crise épidémique que nous vivons a déclenché de fortes tensions à la fois politiques, économiques et spirituelles.

Elle révèle par ailleurs des violences de vie comme la pauvreté, l’exclusion, l’isolement…

A terme, les femmes, les jeunes et certaines catégories de personnes retraitées seront touchés de manière disproportionnée.

Mais d’emblée, certaines inégalités explosent et rendent les femmes de plus en plus vulnérables !

L’ONU Femmes, dans un rapport de septembre dernier intitulé From Insights to Action: Gender Equality in the Wake of COVID-19, alerte que la crise de la Covid-19 va considérablement augmenter le taux de pauvreté des femmes et creuser l’écart entre les hommes et les femmes vivant dans la pauvreté. La pandémie plongera 47 millions de femmes et de filles supplémentaires sous le seuil de pauvreté, soit une augmentation de presque 10% du taux de pauvreté des femmes. Cela pourrait compromettre des progrès réalisés au cours des trois dernières décennies par exemple en terme d’égalité professionnelle, de parité et des droits sociaux, sexuels et reproductifs…

La France n’est pas épargnée : Les femmes sont aujourd’hui en France déjà les plus touchées par les risques de précarité économique :

– 70% des temps partiels,

– 62% des emplois non qualifiés,

– salaires inférieurs de 25%,

Elles représentent 67% des travailleurs pauvres.

Cette précarité est particulièrement vécue par les mères de famille monoparentales ; plus d’un quart vit sous le seuil de pauvreté, soit un million de femmes.

La pauvreté est une accumulation de discriminations. Elle fait basculer dans l’insécurité.

Source d’isolement social, elle peut alors favoriser certains facteurs aggravant l’augmentation des violences familiales et intrafamiliales dont les victimes sont majoritairement les femmes et les enfants.

Cette période de tensions sanitaires et économiques souligne, sous une forme plus aiguë, des inégalités qui existaient, dont l’une des principales est l’inégalité de genre. Elle met en lumière le fléau des violences sexistes et sexuelles.

Toutefois, l’épidémie sanitaire comme la pauvreté ne sont pas seules responsables de la mise à mal des valeurs qui sauvegardent les libertés, à savoir le respect de la dignité humaine, la non-discrimination, la tolérance et essentiellement les droits fondamentaux comme ceux des droits des femmes.

Les violations des droits fondamentaux persistent dans de nombreux pays et témoignent de l’inquiétant recul des droits des femmes.

Dans certains pays, à la faveur de contextes politiques de plus en plus conservateurs, des lois perpétuent la soumission et l’exclusion des femmes et des jeunes filles. Dans d’autres, c’est le viol qui se répand comme une arme de guerre utilisée en toute impunité. Et bien qu’interdites par le droit international, les mutilations sexuelles féminines se pratiquent encore dans des dizaines de pays !

Les violences subies par les femmes constituent l’une des violations des droits humains les plus répandues dans le monde.

-130 millions de femmes ont subi une mutilation génitale.

-Chaque année, 2 millions de femmes et fillettes viennent grossir les rangs des 130 millions de femmes ayant subi des mutilations génitales !

En France en moyenne, le nombre de femmes âgées de 18 à 75 ans qui, au cours d’une année, sont victimes de violences physiques et/ou sexuelles commises par leur conjoint ou ex-conjoint, est estimé à 213 000 femmes.

À la maison ou dans la rue, en temps de guerre ou de paix, des femmes du monde entier continuent à subir des discriminations. Elles sont victimes de violences, d’abus, d’atrocités ou d’interprétations abusives de règles religieuses ou coutumières.

Parce que les droits des femmes ne sauraient souffrir d’aucune forme de relativisme culturel, quel qu’en soit le prétexte, Boutros Ghali quand il était secrétaire général de l’ONU dénommait « les droits des femmes comme socle commun de l’Humanité, l’irréductible humain, ce qui n’est pas négociable. »

Heureusement que de nombreuses femmes avec des visions fortes du monde et de l’humanité construisent jour après jour des remparts contre la pauvreté, les violences, et la haine.

Elles sont de plus en plus nombreuses de par le monde à faire entendre la voix de la paix contre celle de l’épée. Elles s’opposent aux mutismes forcés de la victime et du témoin impuissant !

Les droits des femmes n’ont pas été octroyés par tel ou tel pouvoir politique quel qu’il soit, ils résultent des combats menés par des militantes féministes. Ces luttes ont pu se construire car les femmes n’ont pas démarré de rien : l’histoire est jalonnée de formes de résistance de femmes refusant d’être infériorisées. Ces résistances ne se sont pas posées comme des revendications construites, mais simplement comme une volonté d’exister pleinement, voire de pouvoir exercer certains talents.

Parce que nulle part les droits des femmes ne sont définitivement acquis, de la rue aux réseaux sociaux, le féminisme poursuit son combat contre un problème systémique : le sexisme.

« N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant ». Simone De Beauvoir

Les 250 ans de la naissance de Beethoven (1770 – 2020)

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Nous célébrerons en 2020 le 250e anniversaire de la naissance de Ludwig van Beethoven.

32 sonates, 9 symphonies, un opéra, des concertos et quelques bagatelles : son œuvre est parfois méconnue, mais il fait partie, avec Mozart et Haydn, du trio de la musique viennoise. C’est à Bonn, en Allemagne, que le jeune Ludwig fait ses classes de piano sous la férule de son père, qui voudrait en faire un nouveau Mozart, au point de rajeunir l’âge de son fils sur des programmes de concert. Il est allemand de naissance et autrichien d’adoption, car c’est à Vienne qu’il a fait carrière.

Après sa 9e symphonie, il aurait amorcé l’écriture d’une 10e et affirmait, juste avant sa mort, en avoir des ébauches. Un musicologue anglais s’en est servi pour tenter de reconstituer un premier mouvement de 15 minutes. Désormais, les Allemands ont confié la composition de l’œuvre à l’intelligence artificielle.

Pour célébrer cet anniversaire, Sophie Rosenzweig, bénévole à la Licra Bas-Rhin et envoyée spéciale à ARTE, nous offre cette superbe et émouvante vidéo.

https://youtu.be/mCGCO-Mc-00

Journées FARE : du 19 au 23 octobre 2020

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Les semaines Football People constituent la plus grande campagne européenne de lutte contre les discriminations et de promotion de la diversité dans le football. Notre objectif est de rassembler plus de 100 000 personnes engagées dans des événements et ce dans plus de 50 pays.

Ces semaines sont organisées par FARE network, une ONG européenne et en France avec le soutien de la LICRA, coordinateur national pour la France.

Les 19 et 21 octobre, la LICRA Bas-Rhin s’est rendue au FC KRONENBOURG durant le stage Futsal avec pour objectif de sensibiliser les jeunes joueurs de football  (20 enfants âgés de 6 à 10 ans).

Le premier jour les débats ont porté sur le racisme et notamment le sexisme dans le sport en présence d’une jeune joueuse du Racing Club de Strasbourg.

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Le deuxième jour, l’intervention s’est déroulée par groupe de 9. D’une part, les discussions ont porté sur les préjugés et stéréotypes après projection de courtes vidéos sur le sujet. D’autre part, les enfants ont répondu à un quizz durant lequel ils ont été amenés à exprimer leur opinion et leur vision sur certains préjugés, avec la possibilité ensuite de participer à l’élaboration d’un tableau symbolisant nos rencontres.

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Lors de la dernière journée, nous avons conviés les jeunes sportifs à la projection de Billy Eliot à l’Odyssée. Le but étant de continuer à débattre sur les questions de genre, à la mesure d’enfants de cet âge. La semaine s’est terminée par un repas en commun.

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Un grand merci à tous les bénévoles impliqués pendant cette semaine FARE et à nos stagiaire et bénévole du service civique, Elise et Yann.

Epidémie de COVID-19 aux Etats-Unis : un énième exemple des inégalités subies par les afro-américains

Des jeunes militant.e.s de la Licra Bas-Rhin ont mené des recherches et rédigé des articles pour étudier l’impact de la crise sanitaire liée à la Covid-19 sur la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et les discriminations. Aujourd’hui nous commençons leur publication, avec un article sur les Etats-Unis, les inégalités sociales et la population afro-américaine à partir d’un texte de Houda Elmamouni.

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Synthèse

Si on s’intéresse à la pandémie de COVID-19 aux Etats-Unis, on constate que les afro-américains sont bien plus touchés que le reste de la population américaine. Les données chiffrées publiées par l’Université Johns-Hopkins montrent en effet que la COVID-19 affecte de façon disproportionnée la population afro-américaine. Le but de cet article est de tenter d’expliciter ce phénomène. Les facteurs explicatifs de ces disparités sont en réalité à mettre en lien avec les inégalités sociales que subissent d’ores et déjà les afro-américains. Dès lors, il nous apparaît que l’épidémie de COVID-19 ne fait que confirmer et souligner un bilan malheureusement déjà dressé de nombreuses fois. Ne nous limitant pas à cet amer constat, nous avons entrepris de développer le détail des solutions envisageables selon les professionnels.

1. Un constat : une communauté plus touchée

« Historiquement, quand l’Amérique attrape un rhume, l’Amérique noire attrape une pneumonie » – Déclaration de Demetrius Young, commissaire d’Albany.

L’Université Johns-Hopkins a récemment publié une étude qui met en lumière la manière dont la COVID-19 affecte de façon disproportionnée la population afro-américaine. L’exemple le plus flagrant en est sans doute les résultats obtenus dans le comté de Milwaukee. Les afro-américains y représentent 26 % de la population et 73 % des morts suite à la COVID-19. A Chicago 67% des personnes décédées sont issues de la population afro-américaine alors même qu’ils ne représentent qu’un tiers de la population totale. De plus, dans cette ville les décès sont concentrés dans cinq quartiers du South Side. [1].

Aux Etats-Unis, contrairement à la France, les statistiques ethniques sont autorisées mais tous les États n’ont pas signalé le nombre de décès liés à la COVID-19 par ethnie. Afin d’y remédier, le 27 mars 2020, plusieurs démocrates (des membres du congrès et sénateurs), des avocats membres du Lawyers’ Committee for Civils Rights Under Law [2] (ci-après le comité d’avocats) et des médecins ont réclamé, au sein de différents courriers adressés au département de la santé, la collecte et la publication des données sur les disparités en matière de santé en fonction de l’ethnie [3]. L’idée est de pouvoir adapter la stratégie de santé publique en fonction des résultats, de garantir à ces populations plus touchées un accès aux tests et traitements. Toujours selon le comité d’avocat, l’administration Trump a fait preuve d’un « manque alarmant de transparence et de données » ce qui a empêché « les responsables de la santé publique de comprendre le plein impact de cette pandémie sur les communautés noires et les autres communautés de couleur ».

De manière plus globale, l’Université Johns-Hopkins précise[4] que l’analyse des données démographiques de recensement montre que les comtés majoritairement noirs ont un taux d’infection trois fois supérieur et un taux de décès six fois supérieur à celui des comtés où la population majoritaire est blanche. La conclusion est sans appel, la communauté noire développe de manière plus récurrente la COVID-19 et en meurt de façon disproportionnée par rapport à la communauté blanche.

2. Les raisons :

L’université Johns-Hopkins a identifié cinq facteurs de risque, sociaux ou économiques, augmentant la probabilité d’infection chez les individus afro-américains [5].

  • Vivre dans des logements surpeuplés

Selon Sherita Hill Golden, vice-présidente et cheffe responsable de la diversité à l’Université Johns-Hopkins « les conditions de vie surpeuplées sont un défi difficile qui est le résultat de la ségrégation résidentielle raciale de longue date et des politiques de redlining [6] antérieures ». Ainsi, elle rappelle logiquement qu’il « est difficile pour dix personnes vivant dans un appartement de trois pièces de prendre une distance sociale appropriée ». Ces derniers résident souvent dans des zones pauvres où la densité de logement est élevée [7].

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  • Travailler dans des domaines essentiels

Tout individu travaillant dans des domaines tels que les services alimentaires, le secteur des transports et les soins de santé ne peut pas effectuer de télétravail. Ils sont en première ligne car en contact étroit avec la population.

  • L’existence de maladies chroniques

Une étude [8] citée par les centres américains pour le Contrôle et la Prévention des Catastrophes montre qu’environ 90 % des personnes hospitalisées, car atteintes gravement de la COVID-19, souffraient d’au moins une affection médicale telle que le diabète, les maladies cardiaques, l’hypertension ou les maladies pulmonaires. Selon Sherita Golden, les personnes de couleur ont un accès limité aux aliments sains et sont donc plus susceptibles de contracter ces maladies. Ces taux plus élevés de diabète, de maladies cardiaques et de maladies pulmonaires chez les afro-américains sont bien documentés mais jamais une pandémie n’aura autant mis en lumière ces disparités.

  • Le manque d’accès aux soins de santé par absence d’assurance ou par sous-assurance

Ces personnes sont dans l’impossibilité de gérer leurs problèmes de santé au quotidien, ils ne peuvent se rendre chez le médecin, ni obtenir les médicaments nécessaires. Identifier, suivre et traiter cette maladie chronique, réduit le risque de décès de la COVID-19. En effet, un patient atteint de diabète ou d’asthme mal traité est plus à risque. De plus, ces populations vivent le plus souvent dans des lieux où les établissements de santé sont inadéquats. Enfin, la discrimination et la marginalisation de ces populations les a rendues méfiantes à l’égard du système de santé, ainsi elles sont moins enclines à avoir recours à des soins quand il le faudrait.

  • Le stress et l’immunité

Toujours selon Sherita Golden, des études ont prouvé que le stress a un effet physiologique sur la capacité du corps à se défendre contre la maladie. Elle met donc en avant des facteurs comme « l’inégalité des revenus, la discrimination, la violence et le racisme institutionnel » qui, selon elle, « contribuent au stress chronique chez les personnes de couleur qui peuvent épuiser l’immunité, ce qui les rendrait plus vulnérables aux maladies infectieuses ».

Il faut ajouter à tout ceci les facteurs économiques qui jouent un rôle important. Les travailleurs aux faibles revenus seront moins susceptibles de quitter leur travail pour rester en confinement .A noter que l’ensemble de ces facteurs se combinent souvent chez la population afro-américaine, ce qui ne fait qu’accroître les risques.

3. Les possibilités de solutions

Face aux résultats de ces différentes études, l’université Johns-Hopkins dresse une liste des mesures qui, selon elle, permettraient de lutter contre cette disparité.

Il faut distinguer, d’une part, les mesures telles que « l’établissement de politiques de logement équitable, l’amélioration des possibilités d’emploi et la prise d’autres mesures pour atténuer les inégalités économiques » qui profiteraient aux populations afro-américaines dans le cas d’un nouvel épisode d’urgence sanitaire, et d’autre part, les mesures qui peuvent être prises dès à présent touchant à la manière dont la population est informée des mesures de distanciation sociale. Selon Sherita Golden, la manière dont est donnée l’information peut faire la différence. L’utilisation des réseaux sociaux, la traduction des messages en plusieurs langues, la prise en compte du niveau d’alphabétisation et des différences culturelles sont autant de facteurs qui peuvent contribuer à effacer ces disparités.

Les disparités en matière de santé auprès des communautés noires sont un problème qu’on ne peut nier aux États-Unis, pour y remédier le pays a besoin d’un déclencheur. La COVID-19, au-delà d’être un révélateur de ces disparités, est en quelque sorte une opportunité pour les gouvernants d’agir pour pouvoir affronter les prochaines crises plus sereinement.

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[1] « Chicago’s coronavirus disparity: black Chicagoans are dying at nearly six times the rate of white residents, data show. » par Reyes C, Husain N, Gutowski C, St Clair S, Pratt G, Chicago Tribune le 7 avril 2020. Disponible à l’adresse suivante :https://www.chicagotribune.com/coronavirus/ct-coronavirus-chicago-coronavirus-deaths-demographics-lightfoot-20200406-77nlylhiavgjzb2wa4ckivh7mu-story.html

[2] Ce comité est un organisme qui cible les inégalités dont sont vicitmes les afro-américains et d’autres minorités ethniques.

[3] Lettre d’un groupe de législateurs démocrates adressée au département de la santé et des services humains datant du 27 mars 2020, disponible à l’adresse suivante : https://www.warren.senate.gov/imo/media/doc/2020.03.27%20Letter%20to%20HHS%20re%20racial%20disparities%20in%20COVID%20response.pdf

Voir également la lettre du Lawyers’ committee for civils rights under law datant du 6 avril 2020, disponible à l’adresse suivante : https://lawyerscommittee.org/wp-content/uploads/2020/04/DHHS-Letter-COVID-19.pdf

[4] « The coronavirus is infecting and killing black Americans at an alarmingly high rate », The Washington Post, 7 avril 2020, par Reis Thebault, Andrew Ba Tran et Vanessa Williams. Disponible à l’adresse suivante : https://www.washingtonpost.com/nation/2020/04/07/coronavirus-is-infecting-killing-black-americans-an-alarmingly-high-rate-post-analysis-shows/?arc404=true

[5] « Coronavirus in African Americans and Other People of Color », University Johns-Hopkins, posté le 20 avril 2020 disponible à l’adresse suivante : https://www.hopkinsmedicine.org/health/conditions-and-diseases/coronavirus/covid19-racial-disparities

[6] Le redlining est une pratique discriminatoire consistant à refuser ou limiter les prêts aux populations situées dans des zones géographiques déterminées

[7] « COVID-19 and African Americans » par Clyde W. Yancy, 15 avril 2020, disponible à l’adresse suivante : https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2764789

[8] « Hospitalization Rates and Characteristics of Patients Hospitalized with Laboratory-Confirmed Coronavirus Disease 2019 » — COVID-NET, 14 States, March 1–30, 2020 https://www.cdc.gov/mmwr/volumes/69/wr/mm6915e3.htm?s_cid=mm6915e3_w

Les Ecrans de la Fraternité

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Les Ecrans de la Fraternité : engager un dialogue franc et ouvert pour le vivre ensemble

Un cycle de films, de témoignages et de débats proposé par la Licra Bas-Rhin autour des questions de lutte contre l’antisémitisme, le racisme et toutes les formes de discriminations, en partenariat avec le cinéma l’Odyssée.

Pour la Licra Bas-Rhin, la Culture et l’Education sont des remparts irremplaçables contre l’ignorance, les discriminations et les extrémismes politiques et religieux. L’association affirme que la solidarité, l’égalité, l’ouverture, la justice sociale, le respect de l’autre, la laïcité sont les valeurs qu’il s’agit de continuer à défendre. Nous partageons l’immense espoir et la conviction que la culture participe à l’accomplissement de l’être humain, à l’émancipation de sa condition et à l’expression des libertés auxquelles nous sommes irrémédiablement attachés.

Cette initiative propose une vision de la culture qui unit et rassemble avec des rencontres avec les acteurs, les structures et les associations engagés dans la défense du vivre ensemble.

Les Ecrans de la Fraternité vont à la rencontre des publics pour promouvoir l’éducation à l’image, l’analyse critique et le débat citoyen.

Il s’agit d’une action culturelle engagée en direction du grand public mais aussi et surtout des jeunes publics, qui souhaite promouvoir un dialogue franc et ouvert autour des questions de racisme, d’antisémitisme et des discriminations.

Principes et fonctionnement

A travers une sélection de films ou de documentaires, une projection et une série d’initiatives qui précèdent et suivent la projection, Les Ecrans de la Fraternité veulent encourager auprès des spectateurs l’expression du discours antiraciste et la mobilisation contre le discours de haine et les préjugés. Il s’agit :

• d’éduquer à la lutte contre les préjugés et les stéréotypes et contre toutes formes de racisme,

• d’éveiller aux dérives du relativisme, de la rumeur, de l’obscurantisme et de la théorie du complot,

• de développer et encourager l’esprit critique,

• de cultiver la tolérance et l’enrichissement mutuel,

• de promouvoir le vivre-ensemble et une société solidaire et fraternelle.

Des pistes et séquences pédagogiques sont proposées afin de répondre aux besoins des équipes enseignantes pour accompagner et susciter des activités de réflexion chez les jeunes publics, dans le cadre de séances scolaires. Lire la suite

Discours puissant de Susan Bro, mère de la victime de Charlottesville

Heather Heyer, une jeune femme de 32 ans a été tuée lors d’une manifestation antiraciste par une voiture qui a foncé dans la foule, faisant une vingtaine de blessés. Sa mère, Susan Bro, lui a rendu hommage lors d’une cérémonie à Charlottesville quatre jours après les faits. C’est à travers ce discours poignant qu’elle nous rappelle à tous que devant l’injustice quelle qu’elle soit, il nous faut toujours « s’indigner ».

 

 

Educapcity, rallyes

Educap rallyes : ce sont des courses citoyennes dont l’objectif est de permettre aux jeunes de 10 à 12 ans  de réfléchir à leur citoyenneté et à leur place future dans la société.

Ces rallyes sont un temps de rencontre entre la jeunesse et tous les acteurs qui œuvrent au quotidien dans sa ville. Les enfants par équipe mixte de six, encadrés par un adulte (enseignant, parent d’élève, etc…) vont échanger avec leurs élus locaux, pompiers, policiers, associations, commerçants…
La Licra Bas Rhin était partenaire de cet événement à Strasbourg. Près de 600 enfants sont venus à la rencontre des bénévoles dans une vingtaine de points de passage.
Ce fut une journée intense, pleine d’enseignements et d’émotion.P1020925 P1020914 P1020915 P1020916 P1020917 P1020918 P1020919 P1020920 P1020921 P1020922 P1020923 P1020924

Forum SCALP de Strasbourg

Quelles libertés, quelle fraternité voulons-‐nous? Quelle France en Europe?
Appel des psychanalystes contre le parti pris du rejet et de la haine

Ce forum, organisé par les psychanalystes rattachés à l’Ecole de la Cause freudienne, sera l’occasion, pour de nombreux intervenants, scientifiques, chercheurs, artistes, écrivains, travailleurs sociaux, militants associatifs, psychanalystes, de donner leur point de vue, défaire partager leur réflexion, à propos de ce que signifierait pour eux l’élection, à la
Présidence de la République, de Madame Marine Le Pen. Nul mot d’ordre, nulle doctrine au principe de ce forum, mais la volonté de laisser place à la pluralité qui s’exprime lorsque la parole est libre, et qu’il faut savoir convoquer lorsque l’heure est grave.
La Licra Bas-Rhin était présente et est intervenue à la tribune.
Intervention de B.Lonchamp : C’est une vieille dame de 90 ans qui vous parle, la LICRA, fondée en 1927, une vieille dame qui intervient souvent dans le champ public mais beaucoup plus rarement dans les débats proprement électoraux.
Nous le faisons pourtant aujourd’hui, comme les psychanalystes à l’origine du présent Forum, parce que il nous semble que la situation est critique au sens premier du terme.
La France qui est la nôtre, à savoir la France républicaine, est comme prise en étau de deux côtés.
D’un côté, la menace de l’islamisme politique, qui se réclame indûment de la foi musulmane pour mener une entreprise destructrice à l’égard des fondements de notre société, et cela sous dans des versions soit dissimulées soit radicales et bien entendu sous la forme de son excroissance monstrueuse qui est le terrorisme djihadiste.
D’un autre côté, en interaction et parfois en miroir avec la menace islamiste, le danger effectif que représente la reviviscence plus qu’inquiétante de l’extrême-droite politique, représentée principalement par le Front National. La LICRA a la mémoire assez longue et la vue assez aiguë pour reconnaître, sous les propos se voulant patelins et consensuels du FN, les strates successives qui constituent ce mouvement :
– la tradition antirévolutionnaire et antirépublicaine, disons pour faire court le maurrassisme
– l’héritage toujours présent du pétainisme et de la collaboration
– l’approbation sous-jacente du projet colonialiste et de ses tenants les plus criminels, l’OAS
– la vieille idée que toute religion autre que le christianisme est porteuse de la destruction de notre société
– les religions visées étant comme de bien entendu le judaïsme et l’islam.
Et encore une fois, ces deux menaces se nourrissent l’une de l’autre – sans parler d’une frange d’extrême-gauche qui ne trouve pas mieux que de porter aux nues des communautés censément racisées au lieu de lutter à sa façon contre les inégalités réelles et profondes qui minent notre société.
Entre ces menaces, les Français attachés à la République, qui forment selon nous la vraie France, sont certainement majoritaires, mais beaucoup d’entre eux sont déroutés, sidérés, amers, dégoûtés, au point de basculer soit dans le vote extrémiste soit dans une désaffiliation complète à l’égard de la politique et de la démocratie. Les réactions de ces citoyens sont largement entretenues par des dirigeants politiques qui sont rarement, dans leur parole ou dans leur comportement, à la hauteur des enjeux du moment. Et pourtant, nous n’avons pas le choix – et se retirer dans l’Aventin de la rancœur ou du sarcasme est aussi une forme de choix, catastrophique à nos yeux. Nous avons tous le devoir de refuser le fatalisme, de proclamer notre attachement à la République et à la démocratie, et de voter, aux présidentielles et aux législatives, pour celles et ceux qui nous semblent à même d’être les défenseurs et les promoteurs des valeurs républicaines et non pas leurs fossoyeurs. Voilà pourquoi la LICRA a remis au jour en 2017 un slogan très ancien mais toujours actuel : votez antiraciste, c’est à dire votez pour la liberté, pour l’égalité, pour la fraternité, votez pour la République pendant qu’il en est encore temps.
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La LICRA 67 présente à l’ouverture officielle de la « JOURNÉE INTERNATIONALE DES ROMS »

Répondant  à l ‘invitation de Clément DOLISI, chargé de mission Europe et projets européens, nous avons tenu à être présents à cette manifestation  qui s’est déroulée SAMEDI 8 AVRIL à « LIEU d’EUROPE », à STRASBOURG.roms photo

Sous un soleil printanier radieux, les discours de  Nawel RAFIK-ELMRINI, adjointe au maire de Strasbourg en charge des relations européennes, internationales des Droits de l’Homme, puis de  Valeriu NICOLAE, représentant spécial du Secrétaire Général du Conseil de l’Europe pour les questions relatives aux ROMS,

ont souligné l’importance attachée par la Ville de Strasbourg et le Conseil de l’Europe au soutien et à la promotion des droits des ROMS, si souvent bafoués ,et évoqué le chemin qui reste à parcourir pour les soutenir vers une meilleure intégration , spécialement dans le domaine de l’éducation.

La LICRA fait partie des associations attachées à lutter contre les préjugés et les discriminations dont les ROMS restent victimes depuis trop longtemps, en Europe comme en France. À ce titre, elle se sent tout spécialement concernée par tout ce qui peut faire avancer cette cause.

La JOURNÉE INTERNATIONALE DES ROMS constitue un précieux rappel de l’importance de cet engagement.

(F.Faller)